La lampe idéale - Louis Shaffer

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La lampe idéale

La lampe idéale - Louis Shaffer

Je ne pensais pas que trouver un luminaire pour une chambre d’enfant soit aussi compliqué. Ma conjointe a regardé tous les magazines de décoration, les sites sur ce thème, elle a contacté ses amis sur le réseau social où elle est inscrite, elle a sillonné les rues des villes en quête de la lampe idéale pour notre enfant, mais elle n’a rien vu qui lui plaisait. Même quand elle est allée dans l’excellent centre de soins au botox à Montreal, elle a fait toutes les boutiques aux alentours qu’elle a pu sans voir ce qui correspondait à ses souhaits. La lampe idéale devait être belle, solide, possible à manipuler par Lucie quand elle serait plus âgée et, en plus, son style devait pourvoir s’adapter aux différentes décorations qui se succéderaient dans la chambre de notre enfant. Toutes ces exigences étaient bien compliquées à être présentes en un seul objet, la quête de ma conjointe me semblait donc désespérée.

Un jour, je vis une publicité dans un journal pour un événement qui regroupait des designers. Je suis allé sur Internet et j’ai pris deux places pour aller à cette exposition. Ma conjointe trouverait, peut-être, le luminaire qui lui conviendrait et je prendrais plaisir à contempler les œuvres exposées. Finalement, mon épouse attrapa une grippe et elle n’a pas pu venir avec moi. J’ai proposé à ma sœur de m’accompagner. Dès notre arrivée, j’ai vu une lampe pour ma fille que j’ai jugée magnifique. Le lustre en cuivre est comme un arbre à l’envers, dont les branches remontent pour entourer la source de la lumière. Des papillons roses en verre moulé sont mélangés à des fleurs de la même matière, mais de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. La lumière diffusée par la lampe se colore délicatement.

J’ai envoyé une photographie à ma conjointe, mais elle ne m’a pas répondu. L’exposition fermait ses portes dans quelques minutes, et je n’avais toujours aucune nouvelle d’elle. Ma décision fut prise très rapidement : je pris le lustre. Emballé avec soin, il parvint sans qu’une seule de ses breloques ne soit cassée. Tout de suite, en rentrant, je l’ai mis dans la chambre de notre fille. Elle était chez mes parents pour le weekend. La plus surprise fut mon épouse qui ne s’attendait pas à voir ce nouvel objet et qui m’appela, car elle pensait que la fièvre lui donnait des hallucinations. Tout comme notre fille, elle a adoré cette suspension.