L’impact du cinéma sur nos vies - Louis Shaffer

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L’impact du cinéma sur nos vies

L’impact du cinéma sur nos vies - Louis Shaffer

Mon père s’était remarié avec une femme qui avait la certitude de ressembler à Marilyn Monroe. Elle s’habillait comme elle, et avait souvent, lorsqu’elle parlait, l’air un peu niais que faisait Marylin dans certains de ses films. J’ai su un jour, par le biais d’un documentaire, qu’elle avait été certainement une des premières féministes, et que ces attitudes un peu frivoles, et un peu niaiseuses, n’étaient qu’une façon de se moquer de la société de l’époque. C’était très loin d’être le cas de ma belle-mère. Du combat de Marilyn Monroe, elle en connaissait toute la gestuelle, mais pas le sens.

Ma belle-mère avait pour habitude de se teindre en blonde platine. Elle faisait cela presque chaque fin de semaine. C’était rare que je rentre un samedi sans sentir l’air ambiant, envahi par l’odeur de chlore. C’était le soir où ils partaient, elle et mon père, au restaurant. Le seul soir où j’avais un peu de tranquillité. Hélas, en rentrant ce samedi, je sentais que ma chance allait tourner ce week-end. Elle s’était disputée avec mon père, et avait l’intention de passer toute la soirée face à la télé. Elle faisait une invasion de mon espace vital, la seule journée où je pouvais en profiter à ma guise. Je ne vous dis pas la guerre qui s’est déroulée toute la soirée, simplement pour s’accaparer de la télécommande.

Le lendemain matin, elle se teignait les cheveux. Je le savais, car l’odeur âcre du chlore était montée jusqu’à ma chambre. En descendant, elle était dans son peignoir en soie, et avait encore sa serviette sur la tête. Il fallait encore passer le cap des bigoudis, et de quelques-unes de ses humeurs d’avant-midi. Pendant l’après-midi, elle s’étendait au soleil dans la cour arrière. Il tapait assez fort ce jour-là. Elle rentrait au bout d’une demi-heure, et me demanda ce qu’elle avait au-dessus de la tête. C’était très rouge. Elle s’était étendue trop vite au soleil après sa coloration. Je lui conseillais de rester à l’ombre. Mon père, encore énervé après elle, lui disait qu’elle n’avait plus qu’à souscrire à une assurance cancer vu tous les produits qu’elle utilisait par semaine. Elle n’avait qu’à s’informer si elle pouvait ajouter cette option dans son assurance collective. De mon côté, je n’avais pas l’intention d’assister au second round de leur dispute. Je fermais les fenêtres, afin de ne pas les entendre de l’extérieur, et m’installais sur une chaise longue dans la cour. J’avais la possibilité, de cette façon, de regarder au travers des vitres, un film muet, digne des films burlesques de Charlie Chaplin.