Reportage en Afghanistan - Louis Shaffer

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Reportage en Afghanistan

Reportage en Afghanistan - Louis Shaffer

Ce fut au cours d’une matinée d’hiver, plus froide que les autres, que j’ai reçu un appel téléphonique de Pierre, le directeur du journal pour lequel je travaillais à l'époque. Il me proposait de partir au Moyen-Orient, plus précisément en Afghanistan afin de réaliser un reportage expliquant la vie des troupes des Nations-Unies détachées dans la capitale afghane. Après en avoir discuté avec ma femme qui devait recevoir des injections de juvederm, et aux vues du froid hivernal qu’il faisait ici et du salaire proposé, j’acceptais sans même prendre vraiment le temps d’y réfléchir. L’objectif était d’exposer la vie quotidienne des soldats du campement militaire basé en périphérie de Kaboul. Quatre jours après son appel, Pierre me reçut dans son bureau pour me remettre mon billet d’avion, ainsi que les devises dont j’aurai besoin pour ce travail.

Le départ était prévu la semaine suivante. Au cours des quelques jours précédant mon départ, j’oscillais entre deux émotions contradictoires. D’une part, l’envie de partir pour vivre de nouveau une expérience unique, et d’autre part, la peur de vivre là-bas des situations dangereuses.

Le voyage fut long. À l’aéroport, un Général entouré de 3 soldats m’attendaient, et, très aimablement, m’accompagnèrent jusqu’au campement. Le paysage était complètement différent de celui de la ville où je vivais. Et le contraste entre les deux saisons, vraiment saisissant. Sur le campement étaient présents plus d’un millier de soldats et plus d’une centaine de véhicules de guerre. Tous  plus imposants, les uns que les autres et bien plus grands que ce que j’avais pu imaginer. En regardant passer les engins de guerre aux roues sur dimensionnées, je me remémorais la taille des pneus que j'ai vu sur une affiche indiquant l'ouverture prochaine d'un nouveau magasin de pneus. Ils apparaissaient dans mon souvenir, si petits en comparaison des pneus que je voyais ici, qu’on aurait pu les confondre avec des jouets. Le premier jour, je restais avec un jeune soldat qui m’accompagna partout. Je pus interviewer une dizaine de soldats, et tentais de m’introduire dans la vie quotidienne de la base. Les jours suivants furent dédiés à photographier tout ce qui me semblait refléter la vie quotidienne des militaires au cœur de ce pays.

De retour à Montréal, je travaillais une bonne partie du mois suivant à réunir et organiser toutes les informations que j’avais obtenues sur place. Puis je les adressais à Pierre qui fut enthousiaste du travail que je lui avais remis. Il me paya plus que ce qui était prévu au contrat que nous avions signé. Ce reportage restera pour moi une expérience inoubliable liée à une satisfaction nouvelle dont j’avais à ce moment là, besoin.